Lorsque les températures grimpent, toutes les boissons fraîches donnent l’impression de désaltérer. Une canette de soda sortie du réfrigérateur, une bière bien fraîche ou un verre de rosé peuvent sembler particulièrement tentants. Pourtant, pendant une canicule, ces boissons ne constituent pas de bonnes solutions pour hydrater l’organisme.
Face à la chaleur, le corps augmente sa production de sueur afin de maintenir sa température interne. Cette transpiration entraîne une perte d’eau qu’il faut compenser régulièrement. L’eau demeure alors la boisson de référence. Les sodas et l’alcool peuvent apporter une sensation de fraîcheur immédiate, mais leur composition ne répond pas correctement aux besoins de l’organisme.
Il ne s’agit pas de considérer qu’une seule gorgée de soda ou un verre d’alcool provoquent automatiquement une déshydratation sévère. Le problème apparaît surtout lorsque ces boissons remplacent l’eau ou sont consommées régulièrement pendant plusieurs journées très chaudes.
Une boisson fraîche n’est pas forcément hydratante
Le froid procure une sensation agréable dans la bouche et la gorge. Cette impression ne permet toutefois pas de mesurer l’efficacité réelle d’une boisson pour hydrater l’organisme.
Un soda contient bien de l’eau. Il contribue donc à un apport liquidien, mais il apporte généralement une quantité importante de sucre, parfois associée à de la caféine. Il ne doit pas devenir la boisson principale de la journée.
L’alcool pose un problème différent. Il perturbe les mécanismes utilisés par l’organisme pour faire face à la chaleur, favorise les pertes hydriques et diminue la vigilance. Une personne peut alors moins bien percevoir les signes d’un malaise ou oublier les précautions indispensables.
Pendant une canicule, il est donc préférable de boire de l’eau régulièrement, sans attendre d’avoir soif. Les autres boissons doivent conserver une place secondaire.
Les sodas contiennent beaucoup de sucre
Une canette de soda classique peut contenir l’équivalent de plusieurs morceaux de sucre. Consommé occasionnellement, ce type de boisson peut s’intégrer à une alimentation équilibrée. Mais lorsqu’il remplace l’eau pendant plusieurs jours, l’apport en sucre devient rapidement important.
Le sucre augmente la valeur énergétique de la boisson sans apporter les nutriments présents dans un repas. Une personne qui boit plusieurs sodas au cours de la journée peut ainsi absorber une quantité élevée de calories tout en continuant à avoir faim.
Chez les personnes atteintes de diabète, les sodas sucrés peuvent provoquer une hausse rapide de la glycémie. Une hyperglycémie importante augmente la production d’urines et peut accentuer la perte d’eau. La déshydratation peut, à son tour, concentrer davantage le glucose dans le sang. Ce cercle doit être évité pendant les fortes chaleurs.
Les sodas ne doivent donc pas être utilisés pour s’hydrater régulièrement. Leur consommation doit rester occasionnelle, sauf situation particulière comme la correction d’une hypoglycémie selon le protocole habituel.
Une forte teneur en sucre désaltère mal
Les boissons très sucrées peuvent donner l’impression de calmer momentanément la soif parce qu’elles sont froides et agréables à boire. Toutefois, elles ne remplacent pas une consommation régulière d’eau.
Leur goût sucré peut inciter à boire rapidement et en grande quantité. Elles entretiennent également l’habitude de rechercher une saveur très sucrée chaque fois que l’on a soif. L’eau peut alors paraître moins attirante, notamment chez les enfants.
Pour donner davantage de goût à l’eau, il est possible d’y ajouter quelques feuilles de menthe, une rondelle de citron, du concombre ou des morceaux de fruits préalablement lavés. L’eau gazeuse constitue une autre possibilité, en tenant compte de sa teneur en sodium lorsque l’on suit un régime pauvre en sel.
Une infusion non sucrée, consommée fraîche, peut également varier les plaisirs. L’objectif reste de conserver l’eau comme boisson principale.
Certains sodas contiennent aussi de la caféine
Les colas et certaines boissons aromatisées contiennent de la caféine. Celle-ci peut contribuer à l’augmentation de la production d’urines lorsqu’elle est consommée en quantité importante. Elle peut aussi provoquer des palpitations, une nervosité ou des difficultés à dormir chez les personnes sensibles.
Or, le sommeil est déjà souvent perturbé pendant une canicule. Les températures nocturnes élevées rendent l’endormissement plus difficile et augmentent la fatigue. Boire plusieurs colas en fin de journée peut encore compliquer la récupération.
Les enfants, les femmes enceintes, les personnes âgées et celles souffrant de troubles cardiovasculaires doivent être particulièrement vigilants avec les boissons caféinées.
Les sodas sans sucre évitent l’apport massif de glucides, mais ils ne deviennent pas pour autant la boisson idéale. Certains contiennent toujours de la caféine, et leur consommation régulière maintient l’attirance pour le goût sucré. L’eau reste la seule boisson indispensable.
Attention aux boissons énergisantes
Les boissons énergisantes ne doivent pas être confondues avec les boissons destinées à accompagner un effort sportif prolongé. Elles contiennent généralement de la caféine, du sucre et différentes substances stimulantes.
Pendant une canicule, l’association entre chaleur, exercice physique et forte consommation de caféine peut augmenter le risque de palpitations, de malaise et de déshydratation. Ces boissons ne sont donc pas adaptées pour se rafraîchir, pratiquer un sport sous la chaleur ou remplacer l’eau.
Le risque est encore plus important lorsqu’une boisson énergisante est mélangée à de l’alcool. La caféine peut masquer en partie la sensation de fatigue ou de somnolence liée à l’alcool sans réduire ses effets réels. La personne peut surestimer ses capacités, continuer à boire et prendre davantage de risques.
Pourquoi l’alcool favorise-t-il la déshydratation ?
L’alcool augmente la production d’urines et favorise ainsi l’élimination d’eau. Cet effet s’ajoute aux pertes déjà provoquées par la transpiration.
Une bière ou un verre de vin contiennent de l’eau, mais cela ne suffit pas à compenser l’effet global de l’alcool. Plus la quantité consommée est importante, plus le risque de déshydratation augmente.
Les symptômes peuvent apparaître progressivement : bouche sèche, soif importante, fatigue, maux de tête, vertiges, nausées ou faiblesse. Ces manifestations peuvent être attribuées à tort à une simple consommation d’alcool alors qu’elles traduisent aussi les effets de la chaleur.
Une personne qui boit de l’alcool pendant une soirée chaude doit donc continuer à consommer de l’eau. Pendant une véritable canicule, la recommandation la plus prudente reste cependant d’éviter les boissons alcoolisées.
L’alcool diminue les capacités de réaction
La chaleur exige de rester attentif aux messages envoyés par l’organisme. Il faut pouvoir reconnaître une soif inhabituelle, une faiblesse, des vertiges ou une sensation de malaise.
L’alcool altère le jugement, la coordination et la vigilance. Une personne peut rester trop longtemps au soleil, oublier de boire de l’eau, poursuivre une activité physique ou s’endormir dans une pièce surchauffée.
Cette baisse de vigilance augmente aussi le risque d’accident lors d’une baignade, d’une sortie en bateau, d’un barbecue ou d’un déplacement. L’alcool et la chaleur forment donc une association particulièrement défavorable, même en dehors du risque de déshydratation.
Chez les personnes âgées, certains médicaments peuvent accentuer les effets de l’alcool sur la somnolence, l’équilibre et la tension artérielle. Les chutes et les malaises deviennent alors plus probables.
L’apéritif ne doit pas remplacer l’eau et le repas
Pendant les journées très chaudes, l’appétit diminue parfois. Certaines personnes remplacent alors le dîner par un apéritif composé d’alcool, de biscuits salés et de quelques aliments grignotés.
Cette habitude peut déséquilibrer les apports nutritionnels. Le corps continue pourtant à avoir besoin de protéines, de glucides, de vitamines et de sels minéraux.
Il est préférable de maintenir un repas frais et suffisamment complet : salade de riz ou de lentilles, légumes, œufs, poisson, poulet froid, produit laitier ou fruit. Manger contribue aussi à limiter les effets d’une éventuelle consommation d’alcool, même si cela ne supprime pas les risques liés à la chaleur.
Les produits très salés consommés à l’apéritif peuvent augmenter la soif. Ils ne doivent pas être utilisés pour justifier une consommation plus importante de soda ou d’alcool.
Une vigilance renforcée chez certaines personnes
Les nourrissons et les jeunes enfants ne doivent pas être hydratés avec des sodas. L’eau doit leur être proposée régulièrement, en respectant les recommandations adaptées à leur âge.
Chez une personne âgée, la sensation de soif peut être moins nette. Elle peut apprécier davantage les boissons sucrées que l’eau, mais celles-ci ne doivent pas devenir sa seule source d’hydratation. Une carafe visible, de petits verres proposés régulièrement et des aliments riches en eau peuvent aider.
Les personnes vivant avec un diabète doivent tenir compte de l’effet des sodas sucrés sur la glycémie. Les personnes souffrant d’une maladie rénale, cardiaque ou hépatique doivent respecter les éventuelles restrictions de boissons prescrites par leur médecin.
L’alcool peut aussi interagir avec de nombreux médicaments, notamment certains somnifères, anxiolytiques, antidépresseurs, traitements contre la douleur ou médicaments du diabète. Il ne faut pas modifier son traitement pour pouvoir boire de l’alcool.
Que boire pendant une canicule ?
L’eau du robinet ou l’eau en bouteille demeure le meilleur choix. Elle doit être consommée régulièrement, en petites quantités réparties sur toute la journée.
Les fruits et légumes riches en eau, les soupes froides, les compotes et les produits laitiers participent également à l’hydratation. Ils ne remplacent pas totalement les boissons, mais complètent utilement les apports.
Lors d’un effort physique prolongé, d’une diarrhée, de vomissements ou d’une situation médicale particulière, les besoins peuvent être différents. Une boisson de réhydratation ou une solution de réhydratation orale peut alors être indiquée sur les conseils d’un professionnel de santé. Un soda ou une boisson énergisante ne constitue pas un substitut équivalent.
Il faut également éviter l’excès inverse : boire plusieurs litres d’eau très rapidement tout en mangeant peu peut déséquilibrer le sodium présent dans le sang. L’hydratation doit rester régulière et accompagnée d’une alimentation suffisante.
Reconnaître les signes d’alerte
Une soif intense, une bouche sèche, des urines rares ou foncées, des maux de tête, des vertiges, des crampes et une fatigue inhabituelle peuvent signaler une déshydratation.
La personne doit être installée dans un endroit frais, débarrassée des vêtements superflus et rafraîchie progressivement. Elle peut boire de l’eau si elle est parfaitement consciente et capable d’avaler normalement.
Une confusion, une somnolence extrême, une température corporelle très élevée, des convulsions ou une perte de connaissance peuvent annoncer un coup de chaleur. Il faut alors appeler immédiatement le 15 ou le 112. Une personne confuse ou inconsciente ne doit jamais être forcée à boire.
Pendant une canicule, le bon réflexe n’est donc pas de supprimer définitivement toute boisson plaisir, mais de ne jamais la confondre avec une véritable solution d’hydratation. Les sodas doivent rester occasionnels et l’alcool doit être évité. Pour affronter la chaleur, l’eau conserve le premier rôle.
L’équipe de la pharmacie P-Pharma à Audun-le-Tiche reste disponible pour vous conseiller sur l’hydratation, les traitements et les précautions adaptées à votre état de santé.

